entretien avec Maxime des Gayets


Maxime des Gayets

Expert en politiques publiques, Maxime des Gayets accompagne les décideurs depuis plus de vingt ans. Il a rejoint le cabinet Fursac-Anselin & Associés en 2020 pour y piloter des missions de conseil et de recrutement à forte valeur ajoutée.

mqxime@fursac-associes.fr









Quel regard porte aujourd’hui votre Cabinet sur les enjeux de gestion des Ressources humaines?

Les élus et dirigeants des départements l’éprouvent : la gestion des ressources humaines est mise en jeu par plusieurs bouleversements au-delà même des contraintes financières ou des réformes subies. Nous voulons parler de l’évolution de la pyramide des âges, de la transformation profonde des métiers, du développement des services territoriaux ou encore de la modification des attentes professionnelles.

La gestion de la crise Covid, dans laquelle les départements ont pris une part décisive, a pu révéler une partie de ces mouvements de transformation. Ils obligent à s’interroger sur les orientations stratégiques de gestion des ressources humaines, et par là-même de mobilisation des compétences.

La crise du Covid ne va-t-elle pas changer le regard sur l’évaluation interne des collaborateurs? Avec des conditions de travail bouleversées, des actions de proximité amplifiées, une polyvalence et une capacité d’adaptation mobilisées, les attendus d’un poste ne sont plus forcément les mêmes.

Ces évolutions doivent être prises en compte par les collectivités. C’est à quoi aussi, nous nous attachons dans le cadre de nos missions auprès des départements.


Justement, comment intégrez-vous ces transformations dans vos processus de recrutement?

Bien évidemment, nous intégrons ces transformations lorsqu’il nous est demandé d’intervenir au sein des Directions des Ressources Humaines. C’est un axe important de notre activité.


Mais plus largement, il convient de privilégier la transversalité, la pluralité des compétences et l’engagement dans la diversité des métiers de la sphère départementale. Des mobilités fonctionnelles et géographiques peuvent exister, des passerelles entre collectivités méritent aussi d’être favorisées pour renforcer les compétences, l’esprit d’innovation et - in fine - la performance de la collectivité dans ses missions de service public.


Quel conseil donneriez-vous aux présidents ou directeurs généraux qui recrutent ?

Dans vos réflexions, élargissez le champ des possibles ! Les modes de recrutement doivent évoluer afin d’attirer de nouveaux profils. Pour de mêmes compétences attendues, il y a de multiples façons de pouvoir répondre à un besoin de recrutement. Il faut donc s’attacher aux potentiels, à l’alignement avec les orientations de la collectivité et à la complémentarité. Autant d’éléments qui invitent à être accompagné par des professionnels qui s’impliquent pour délivrer une juste compréhension de vos attentes.

Elargir le champ des possibles en faisant le pari de la diversité comme celui de la parité. La Fonction Publique Territoriale est très féminisée avec plus de 50% de femmes mais ce chiffre ne se reflète pas toujours pour les postes de direction. Voilà un vivier de ressources qui mérite d’être mobilisé !


Comment cette approche se traduit-elle concrètement ?

Par une exigence qui consiste à ne pas seulement prendre en compte une simple fiche de poste mais à bien appréhender les attendus et évolutions de l’ensemble de l’organisation. Par une méthode aussi, qui nous amène à travailler à des options différentes pour un même besoin. C’est ce qui nous a conduit, par exemple, à proposer pour la direction des solidarités d’un conseil départemental des fonctionnaires territoriaux ayant capitalisé des compétences auprès d’opérateurs associatifs, à rechercher des personnes ayant eu la responsabilité de dossiers complexes pour qu’ils contribuent au passage en « mode projet » et aux attentes de transversalité, à identifier des collaborateurs d’autres niveaux territoriaux ou d’autres secteurs dont les compétences peuvent apporter une plus-value précieuse au projet de mandat.