Entretien exclusif avec Gérard Larcher

"Il est temps, enfin, d'oser la décentralisation !"


Gérard Larcher Président du Sénat
Gérard Larcher Président du Sénat

« Mon engagement : la proximité »


Monsieur le Président, vous avez consacré votre vie à la chose publique. Pourquoi un tel engagement ?

La génétique a pu jouer, mon père était élu local dans une commune rurale de l’Orne, en Normandie. Donc un environnement familial à s’occuper des autres, être dans la proximité. C'est la gestion locale qui donne les bases et le sens de la politique. Il s’agit de gérer pour les gens et de gérer aussi les gens. Au fond mon engagement, c'est la proximité. J'ai choisi la mairie très tôt et j'étais un militant politique très très tôt. En classe de première, je m'étais engagé chez les gaullistes, les gaullistes sociaux bien entendu. Et même si mon père était maire, mon engagement n'avait rien à voir avec le sien, même s'il était très proche : mon père était de tradition radical-socialiste, chabaniste si vous voulez.


« Mon attrait : les collectivités territoriales »


Quand je me suis engagé fin 1981 début 1982, à Rambouillet, j'ai naturellement choisi la mairie. J'avais 33 ans. Je suis devenu dans la foulée vice-président de l'Union des maires, et 3 ans plus tard j'ai choisi le Sénat alors qu'en 1986 j'aurais pu être candidat à la députation. En fait mon attrait, c'était et ce sont toujours les collectivités territoriales. Cela a, au fond, structuré tout mon parcours, et mes réflexes. Aujourd'hui encore je viens de vivre le drame de Rambouillet à moins de 250 mètres de chez moi, la rue perpendiculaire à ma rue, des gens que je connais.


J'ai donc les mêmes joies et les mêmes douleurs. C'est peut-être cela qui m’a fait rester les pieds dans la glaise : je continue d'avoir une permanence parlementaire dans ma rue, là où j'ai toujours été. Sans avoir pour autant de nostalgie de la mairie. J'ai eu la chance d'avoir de très bon successeur, Marc Robert.


Il n'y avait eu que deux maires à Rambouillet depuis la guerre, madame Thome –Patenôtre et moi-même, ce qui dénote une certaine stabilité ! Mon successeur a été souffrant et aujourd'hui Véronique Matillon est le premier édile, excellente maire par ailleurs. Et au fond je ressens les mêmes joies et les mêmes douleurs et ça m'est extrêmement utile pour ma mission de sénateur et de président de cette institution. Je n'ai donc jamais coupé le cordon ombilical avec les collectivités territoriales.


« Le Sénat a une mission de représentation des collectivités territoriales »


En juin 2020 vous avez remis au président de la République un rapport avec 50 idées concrètes pour une nouvelle décentralisation. Avez-vous été entendu ? La loi dite 4D représente-t-elle une avancée pour la décentralisation ?

Il faut d'abord se rappeler l'article 24 de la Constitution. Celui-ci donne au Sénat une mission spécifique : assurer la représentation des collectivités territoriales de la République. Nous avons une responsabilité particulière, dont d'ailleurs le constituant a tiré la conséquence lors de la révision de 2003 en actant que les projets de loi ayant pour objet principal l'organisation des collectivités territoriales passe en première lecture au Sénat.


Par ailleurs au Sénat, nous avons créé la délégation aux collectivités territoriales en 2009 qui participe à notre action de contrôle et de prospective mais plus spécifiquement en direction des collectivités territoriales. Nous avons pensé le lien avec les acteurs du territoire. C'est notamment toutes les consultations à destination des élus locaux que nous faisons sur notre plate-forme. Nous allons la semaine prochaine avec Françoise Gatel, sénatrice d’Ille-et-Vilaine et Mathieu Darnaud, sénateur de l’Ardèche, faire un compte-rendu de ce qu’a été l'ensemble de ces consultations, dont les attentes des maires relatives à la décentralisation .


« La situation actuelle recentralisation et reconcentration »


Quant à ma vision de la décentralisation, disons que la situation actuelle s'apparente plus à une recentralisation, à une reconcentration. Cela n'a pas commencé en 2017 bien entendu, cela dure depuis une dizaine d'années. Nous avons quitté la route tracée par la réforme Deferre et l’acte II de la décentralisation de messieurs Chirac et Raffarin. Et cela a été fait assez rapidement, à vrai dire. Jamais l'Etat territorial n'a été aussi faible, vidé de sa substance et de ses moyens d'action, chacun peut s'en rendre compte. Parallèlement à l'affaiblissement de l'État territorial, on a assisté à une recentralisation.


Gérard Larcher Président du Sénat

« Jamais nous ne redresserons notre pays sans les collectivités territoriales »


Lorsque le Président de la République demande la contribution des Présidents du Sénat et de l'Assemblée sur la sortie de la crise Covid, et notamment sur le plan de relance, immédiatement nous avons élaboré un travail, les fameuses 50 propositions. Celles-ci s'appuient sur une conviction : jamais nous ne redresserons notre pays sans s'appuyer sur les collectivités territoriales et les territoires. Ensuite le mode de gouvernance vertical et cloisonné de l'action publique, fortement accentuée par le président de la République actuel, la crise des gilets jaunes, la crise sanitaire, ont montré les limites de cet exercice.

Il s'agit alors de faire revivre ce qui a été inscrit sous Jacques Chirac dans la constitution : l'organisation décentralisée de la République. Et nous devons pour cela presque changer d'état d'esprit. C'est en ce sens que je parle d'une nouvelle génération de la décentralisation. Au fond le Président de la République à bien commencé en 2017, avec le Conseil National des Territoires, mais quelques mois après, cela se termine avec Territoires Unis : Régions, Départements, Communes, toute sensibilité confondues, par l’intermédiaire des trois grandes associations, Région de France, l’Assemblée des Départements de France et l’Association des Maires de France, veulent faire entendre leur voix par la rédaction d’un manifeste valorisant la diversité des opinions des élus et des territoires, par des propositions concrètes autour d’une nouvelle étape de la décentralisation. Et parallèlement on voit monter les gilets jaunes.


« Il faut oser une nouvelle décentralisation »


Il y a un moment extraordinaire où le Président de la République reprend la main, avec le grand débat, où il annonce la décentralisation en conférence de presse, avec la confiance retrouvée, par les maires.... Et depuis plus rien ! Il faut attendre 4D qui doit venir au Conseil des ministres cette semaine et qui viendra au Sénat le 5 juillet. C’est le signe d’un problème de confiance et de cohérence. Il y a nécessité d’organiser dans des blocs cohérents le rôle des régions, des départements, des communes, en ayant des compétences de proximité plus souples et plus réactives, comme le modèle médico-social pour les Départements, le modèle de la santé pour les Régions, les politiques de transition écologique, les plans de relance...


« Redonner au préfet de département autorité sur ses services »


Si on ne déconcentre pas ce plan de relance dans un préfet avec d'un côté le monde économique et de l'autre les collectivités territoriales, il ne se passera rien. Il est venu le temps d'oser enfin une nouvelle décentralisation. Il faut adapter les politiques aux spécificités locales mais il est essentiel de redonner au préfet de département l'autorité sur ses services. Paradoxalement le Sénat qui croit en la décentralisation, qui croit à la différenciation, veut garder l'Etat territorial. Ça n'est pas antinomique, car 1’Etat territorial faible, c'est une recentralisation garantie.



« Il y a un déficit de confiance. »


Dans ce cadre, 4D a le mérite d'exister et il faut rendre hommage à Jacqueline Gourault, la ministre de la Cohésion des Territoires, et au Premier ministre Jean Castex, qui ont voulu envers et contre tous que cela existe. Cependant nous devons l'aborder, surtout de la part de l'Exécutif de manière ouverte, et je l'ai encore rappelé au Président de la République récemment. Nos 50 propositions ne sont pas une humeur, quelque chose fait en quelques jours sur un coin de table. Ce sont des mois et des mois de travail, des travaux conduits en lien avec les associations d'élus, mais aussi avec la société tout entière. Ce n’est pas un simple opportunisme. Ce sont des propositions concrètes, pragmatiques, du Sénat, en matière de décentralisation et de déconcentration. Ce sujet ne doit pas attendre l'élection présidentielle. Nous ne relèverons pas ce pays sans utiliser le levier des collectivités territoriales. Le pays n'a pas qu'un besoin économique, il a besoin de retrouver la confiance. Le plus grand déficit du pays n'est pas budgétaire, même s'il est énorme, c'est le déficit de confiance. Or à qui nos concitoyens aujourd'hui font-ils confiance, si ce n’est aux élus territoriaux, au premier rang desquels les élus locaux. Nous l'avons encore vu dans le drame de Rambouillet : vers qui se tournent les administrés ? Le maire, bien plus que vers d'autres structures. On comprend l'hommage de l'État, mais c'est le maire l'interlocuteur principal. Autre exemple, plus positif, l’'abstention est mise en avant partout, mais à Chevreuse il y a une élection avec plus de 60 % de participation...

Je ne critique pas l'état central fort, régalien, le gaulliste que je suis aurait du mal. Mais je pense qu'on ne peut pas continuer avec une vision de l'hyper-concentration, dont le conseil de défense sanitaire est l'illustration presque caricaturale !


« On voulait dévitaliser les départements ; on les a couronnés »


La disparition des départements, jugé trop ringards, était programmée. Et puis les grandes Régions et les crises lui ont redonné une légitimité. A-t-il encore une utilité ?

Il me semble que le département a démontré toute son utilité. Si on avait des doutes, il suffit de regarder comment cela s'est passé avec la crise sanitaire. À ceux qui imaginaient, en théorie, faire disparaître les départements, je rappelle que lors de mon arrivée à la présidence du Sénat, les départements étaient morts.


Il restait les départements ruraux à la demande du sénateur Baylet. Or le département a été couronné ; on voulait les dévitaliser, on les a couronnées. Je n’oppose pas le Département à la Région. Il est dans cette dimension de proximité que j'évoquais, il est un relais naturel du bloc communal, il joue un rôle dans l'aspect médico-social. Voilà pourquoi dans les 50 propositions, nous demandons qu'il soit l'acteur unique du médico-social par exemple. Il est aussi extrêmement important pour la ruralité. Il faut être plus pragmatique.


« Il faut être souple »


Dans les textes précédents, notamment la loi sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République, on a fait des sas hermétiques. Or on voit bien le rôle et la place du département, y compris dans le domaine économique. Il nous faut donc être souple dans le cadre de convention avec la Région, et là où les présidents de Région ont abordé cette question de la manière la plus pragmatique qui soit, les choses se passent bien. Ce seront sans doute des Régions où les présidents n'auront aucun mal à être réélus. Je crois à la vertu de la proximité. Les grandes Régions sont certes devenues plus puissantes. Quand vous parlez à la région Normandie, c'est plus puissant que les deux régions antérieures. Quand vous parlez au Grand Est, vous parlez une Région puissante même s'il lui reste à prouver sa légitimité. Est-ce que la réponse, c'est la Collectivité Européenne d'Alsace partout, je crois que non. Il faut du pragmatisme. Avec par exemple des accords de coopération entre Départements tels que ce qui est mis en œuvre entre les Yvelines et les Hauts-de-Seine, ou la collaboration entre l'Eure-et-Loir et le Loiret.


« Nous avons mis de la crème dans le millefeuille territorial »


Soyons pragmatiques, tout sauf idéologues en la matière. Il y a des régions où les équilibres seront faciles à organiser, comme Auvergne-RhôneAlpes qui a su trouver ses moyens d'agir. Je remarque que l'on n'entend plus parler de la théorie du millefeuille administratif : nous avons mis de la crème entre les feuilles et toujours cette fameuse souplesse. Je crois vraiment que cette approche existera de manière très concrète. D'ailleurs, entre le bloc communal, entre communes et intercommunalités, faut-il les mêmes règles partout ? Faut-il les mêmes compétences partout ? Ne faut-il pas, à l'intérieur de grandes intercommunalités, de grands territoires qui partagent des compétences et d'autres non ?

C'est cette souplesse que nous appelons de nos vœux dans les 50 propositions. De la souplesse, du pragmatisme, de l'efficacité et surtout de la proximité avec les gens. Prenons l'exemple des lieux de vaccination : qui gère ? L'État a rejeté les propositions des associations d'élus par exemple, mais qui paye aujourd'hui pour organiser ces centres ? Le maire de Rambouillet m’indiquait récemment que le coût du centre de vaccination revient à environ 80000 € par mois. Qui paie ? Qui organise ? Les collectivités territoriales... avec le corps médical, avec l'État, mais ce sont les collectivités locales qui sont à la manœuvre. C'est cette souplesse qu'il nous faut trouver.


« Les départements, c’est la vie quotidienne »


Les élections départementales et régionales se déroulent fin juin, dans une indifférence relative. Tous les regards se portent sur quelques régions, comme s'il s'agissait de la primaire de la Présidentielle. L'abstention frappe maintenant les échelons locaux. Autrement dit comment réconcilier les Français avec la politique ?

J'ai mis en avant la notion de confiance. C'est ce qu'il reste à mon avis. Regardez les sondages et les enquêtes d'opinion. L'élection récente de Chevreuse le démontre aussi: l’équipe sortante a été ainsi largement réélue avec près de 62%, et une abstention de seulement 41,75% contre près de 50 % en mars. Il faudrait se méfier d'une vision que je qualifierais d'un peu parisienne en tous les cas de centrale. Je vois bien la présence du département aux côtés de la commune. Nous avons une responsabilité et nous devons militer pour expliquer aux citoyens qu'il s'agit de leur proximité : le collège, l'aide sociale, le soutien à la vie associative, le soutien à la ruralité, la voirie … Tout ceci, c'est leur vie quotidienne. Nous avons un déficit de pédagogie sur ce que cela représente. Cela correspond aux demandes des Français puisque le département a un rôle environnemental, en matière de santé et médico-sociale, les déplacements, la mobilité douce Il me semble que nous avons peut-être rendu trop technocratique une partie des choses qui correspondent à la vie quotidienne mais elles sont là. Il nous faut en parler régulièrement et simplement.


« Pour la sécurité, le premier acteur, c’est le maire »


Les problèmes de sécurité paraissent être la préoccupation principale des citoyens. Partagez-vous ce sentiment ?

J'étais à Rambouillet il y a quelques jours pour l’hommage national à Stéphanie Monfermé, la policière assassinée dans le commissariat de la ville. Roger Karoutchi, vice-président du Sénat m’a représenté pour la cérémonie en l’honneur d’Éric Masson, le policier tué en Avignon. Les Français déclarent à 30% la sécurité comme leur besoin principal. Or ce besoin de sécurité, ce besoin de faire confiance en fait, très fort, est tourné vers le bloc communal. Quand vous voyez des régions et des départements qui aident le bloc communal, notamment par la création de centres de supervision urbaine, cela démontre que, même si la sécurité est l’une des premières fonctions régaliennes, au fond le premier acteur c'est le Maire, avec sa police municipale et nationale, avec la gendarmerie dans les secteurs ruraux, avec la justice... C'est cela l'idée de sécurité globale, c'est ce continuum. Il y a une responsabilité régalienne de l'Etat, une responsabilité de proximité avec l'État toujours mais aussi le maire et le soutien à tout cela c'est la collectivité territoriale, c'est la collectivité locale. La politique de prévention, par exemple, est menée par le département. Donc la question de sécurité n'est pas totalement déliée, c'est une responsabilité d'État mais qui doit être gérée au plus près.


« Nous allons donner aux Français, une réelle capacité de choisir. »


Olivier de Brabois à gauche, Gérard Larcher et Jean-Philippe Delbonnel
Olivier de Brabois à gauche, Gérard Larcher et Jean-Philippe Delbonnel

« Il nous faut dire aux Français : voulez-vous une alternative à la gouvernance du Président Macron ?»


Nous allons travailler pour cela, pour donner aux Français une réelle capacité de choisir.

Alors que la Région s’occupe des transports, des lycées, du soutien à l'Université, de l'économie, de l'aménagement du territoire, des politiques de développement durable... Il s’agit de proximité, même si la région est naturellement plus grande et plus éloignée que la mairie. Or ce qui s'est passé en PACA n'a eu comme conséquence que de nationaliser une élection régionale Et si l'on nationalise cette élection dans tous les endroits, cela gomme le bon bilan des présidents sortants. Le président Muselier a fait un choix qui n'est pas le mien et que je trouve dommageable car nous ne sommes pas dans un moment de recomposition politique. La clarté, ce n’est pas avoir des œillères, c'est avoir une vision ouverte. Il nous faut dire aux Français : voulez-vous une alternative à la gouvernance du Président Macron ? Nous n'avons pas la même politique. Nous n'avons pas la même vision de notre histoire. Je veux proposer aux Français une alternative. Je veux en même temps que la décision prise ne le soit pas uniquement sous la pulsion : quand on parle environnement c'est un sujet majeur, c'est un défi pour nous tous, il faut le traiter parce que nous avons un projet et non pas simplement dans une vague incantation éthique, ou pire idéologique. Il faut penser qu'il est des sujets importants, et que le choix des mots n'est pas un choix d'humeur, c'est un choix de fond. Je vous rappelle le mot de Victor Hugo, « la forme c'est le fond qui remonte à la surface ».


Dernière question, ce magazine étant destiné aux décideurs politiques de France, quel message souhaitez-vous leur faire passer ?

Les élus locaux sont l'un des leviers sinon le principal du redressement, pour que notre pays retrouve confiance en lui-même. Et ça s'appelle la proximité. Si j'ai un message c'est autour de cette responsabilité, une sacrée responsabilité. Il n'y a plus aucun homme ou femme politique qui ait la confiance majoritaire des Français. À l'exception des maires et des élus municipaux. C'est pour cela que c'est si passionnant d'être président du Sénat, parce que, au fond, notre corps électoral ce sont les représentants des Français dans la vie quotidienne. La base de notre électorat, ce sont les 550 000 élus locaux, qui vivent au quotidien avec, par et pour nos concitoyens, qui partagent leurs joies et leurs larmes. Qui les reçoivent, y compris dans les grands moments de douleur tels que ce qui s'est passé à Rambouillet ou à Avignon récemment, qui parlent avec nos concitoyens et qui doivent trouver les mots. Au fond, alors qu'en ce moment nous avons du mal à faire collectif, le dernier lieu du collectif c'est la commune.


Dans ce cadre, la loi anti-cumul des mandats me semble être une erreur majeure : il nous faudrait sans doute reprendre la proposition de Jacques Mézard qui voulait permettre deux mandats, l'un exécutif, l'autre parlementaire. J'appartiens à une génération qui s'inspire de la vie locale. Nous parlions en début d’entretien de la raison de mon engagement, je boucle la boucle : je me suis engagé pour cette proximité, pour les gens. Le vétérinaire que j'étais, dans mon quotidien rural un peu particulier, avec les chevaux, vivait avec les gens, ma journée était faite de rencontres. C'est ainsi que je vis et vois les choses.