Grand entretien avec Jacques Fleury

Updated: Feb 11

Jacques Fleury est président du conseil Départemental du Cher

Jacques Fleury président du conseil Départemental du Cher

Biographie de Jacques Fleury

Conseiller municipal , conseiller général , maire-adjoint, vice-président du département , puis Président du Conseil départemental du Cher, retour sur une vie consacrée à notre République.


l le connaît bien ce département du Cher.


Il l’a sillonné de long en large comme journaliste du quotidien départemental, Le Berry républicain.


Mais comme Jacques Fleury n’est pas du genre retraite et pantoufles, il continue à vivre son département.


Ce qu’il aime, et depuis longtemps, c’est s’engager, avec passion et sans compter son temps. Il nous parle avec émotion de l’association du quartier Emile Martin dont il est président depuis 30 ans. Fameuse association organisatrice d’une énorme fête de quartier, véritable institution qui attire des milliers de visiteurs et tout le «ghota politique» à la veille de chaque scrutin politique municipal, départemental, régional, national. Quand il en parle, on ressent l’enthousiasme, l’émotion. On comprend mieux l’homme. Il faut le voir au milieu de tous ces bénévoles qui donnent de leur temps. On le sent heureux, bien. C’est là que l’homme s’épanouit dans la convivialité, entouré de nombreux amis. Pas de Président, de dorures ou de frime, ici. Juste Jacques celui que l’on suit parce qu’on apprécie son charisme, sa gentillesse et sa franchise.


Et parce que dans l’engagement, on retrouve toujours les mêmes, il fut aussi Président départemental de la Croix-Rouge Française, responsable au sein de l’Ordre de Malte France et Président de l’association Contre la faim dans le Cher. Une façon de vivre la solidarité au quotidien, car ajoute-t-il avec un sourire « personne n’a le monopole du social, et je préfère l’action concrète, de terrain, plutôt que les grands discours. »


L’homme est clairement façonné par ces engagements. Ils lui permettent de garder les pieds sur terre et de ne pas se laisser griser. C’est aussi à cette école qu’il a appris à écouter et à ne pas juger trop vite.


Et de fait, lorsque l’on parle de Jacques Fleury dans le Cher, les mêmes mots reviennent régulièrement : consensuel, rond, pas sectaire, attentif à tous les autres.


Mais il ne faut pas se laisser berner par ces douceurs, ce père de quatre enfants sait aussi se montrer ferme et déterminé. vice-Président, en charge du personnel, il n’a pas hésité à travailler dès 2015 à un plan d’optimisation du personnel du Conseil départemental tout en prenant soin d’étudier chaque situation individuelle.


L’engagement politique est arrivé comme une évidence pour ce gaulliste, passionné du Cher. Il se retrouve adjoint au maire de Serge Lepeltier, à Bourges et devient conseiller général dès 1996 dans cette ville longtemps dominée par la figure du communiste Jacques Rimbault.


Réélu conseiller départemental en juin 2021, il succède à la Présidence du Département à Michel Autissier qui avait décidé de ne pas se représenter. La majorité de droite et du centre qui revient avec le même nombre de sièges le désigne pour postuler à la présidence et il est élu avec l’ensemble des voix de son camp plus une, soit 25 contre 13 votes blancs.


Arrivé à ce poste, le désormais Président Jacques Fleury souhaite impulser de nouvelles politiques départementales avec un état d’esprit toujours consensuel. Il affirme vouloir travailler avec tous les conseillers départementaux quels que soient leurs bords dans l'intérêt du département du Cher et de ses habitants.


Il va lancer une nouvelle politique en direction de la jeunesse, car « ils représentent l’avenir de notre territoire. », ainsi qu’une politique de l'eau éco-responsable et il se dit sensible à tous les aspects environnementaux.


Bien-sûr, il insiste sur les politiques de solidarités, notamment avec l’insertion par le travail, le handicap, l’enfance, la lutte contre la pauvreté…

Au moment de se quitter, Jacques Fleury nous montre une carte du département.

«Vous savez beaucoup de gens connaissent les richesses de ce territoire, mais il nous reste à faire mieux connaitre le Cher. »


Cela tombe bien ! C’est l’objet de ce dossier spécial !


"Le Cher, Une terre d’innovations et de réussites dont le nom peut résonner parfois jusqu’à l’autre bout du monde"

Ville du Cher

Pouvez-vous nous présenter les richesses culturelles, touristiques et gastronomiques de votre département ?

Le Cher, Une terre d’innovations et de réussites dont le nom peut résonner parfois jusqu’à l’autre bout du monde .


Le département du Cher se situe au cœur de la France, dans la région Centre-Val de Loire, à 2h de Paris et 1h15 de Tours et Orléans. Une position stratégique qui permet à ses habitants de rejoindre la côte Atlantique en moins de 4h et les stations de ski du Massif Central en 2h.


Les frontières naturelles du Cher sont autant de paysages qui vous invitent à la découverte : des espaces boisés de la Sologne au Nord-Ouest en passant par les bords de Loire à l’Est ou encore les contreforts du Massif Central au Sud. En son Centre, Bourges, Préfecture du Cher, offre tous les services d’une grande agglomération, tout comme Vierzon, Saint-Amand-Montrond et Saint-Doulchard qui complètent le podium des villes les plus peuplées du département. Les autres communes du Cher mêlent savamment dynamisme et nature préservée, à l’image de la ville de Sancerre élue « Village préféré des français » en 2021.


Des richesses historiques et naturelles

Le Cher constitue, avec l’Indre, l’ancienne province historique du Berry. Un passé qui a façonné le territoire et dont il demeure de véritables trésors architecturaux à l’image de la Cathédrale de Bourges, classée deux fois- classement très rare- au patrimoine mondial de l’UNESCO, le château des Stuarts à Aubigny-sur-Nère ou encore l’abbaye de Noirlac, aujourd’hui Centre culturel de rencontre et propriété du Conseil départemental. Plus de 100 édifices sont classés « Monuments historiques » dans le département.


Le Cher est aussi modelé par ses paysages naturels : plaines, vallées, bocages, forêts… Un territoire à découvrir « entre les branches » comme le conseillait l’écrivain Alain Fournier, amoureux du département. La randonnée, les balades à vélo – notamment le long de l’ancienne voie navigable du Canal de Berry -, la découverte des Espaces naturels sensibles, sont des loisirs prisés dans ce département où la nature est reine.


Les habitants sont très fiers de leur gastronomie dont la réputation dépasse les frontières nationales : pâté berrichon, galette aux pommes de terre, sanciaux … Il y en a pour tous les goûts. Les produits locaux font partie des ingrédients utilisés sur les plus grandes tables de France : crottin de chavignol, lentilles du Berry, truffes… Notre terre fait des merveilles. La vigne est également présente sur tout le territoire avec cinq appellations de renom : Sancerre, Menetou-Salon, Quincy, Reuilly et Châteaumeillant, et une indication géographique protégée avec Venesmes.


Un cadre de vie dynamique

L’art et la culture rayonnent dans le Cher et participent à son dynamisme. Du célèbre Printemps de Bourges, en passant par la programmation du Centre culturel de rencontre de Noirlac ou encore le Centre de céramique contemporaine de La Borne, le Cher inspire… Le sport fait aussi vibrer le territoire dans de nombreuses disciplines comme le basket féminin et son équipe des Tango Bourges Basket évoluant au niveau européen et avec des joueuses médaillées olympiques ou encore l’écurie Signature aux portes d’une prochaine victoire aux 24 heures du Mans en catégorie reine LMP1.

Département du Cher

Le Cher est un territoire sur lequel s'épanouir professionnellement notamment, dans des secteurs de pointe qui recrutent comme les industries de la défense et de l’aéronautique à l’image de MBDA, Nexter, Mecachrome ou encore l’agro-alimentaire avec Rians et Monin, et une nouvelle opportunité.


Beaucoup de ces richesses sont connues sans qu’on puisse les situer dans le département. Le Cher lui-même est peu identifié et difficile à situer. A quoi attribuez-vous cela ?

C’est tout le paradoxe que nous tentons de résoudre depuis 2015 en multipliant nos campagnes de promotion territoriale sur tous les supports ( affichage métro et quais de gare, digital, presse écrite…) et dans toute la France. Le Cher a souvent manqué de reconnaissance et la devise « pour vivre heureux, vivons caché » a longtemps été la marque de fabrique de notre territoire.


Nous l’avons cité plus haut, les réussites économiques sont nombreuses sur notre territoire, réussites qui rayonnent bien au-delà de nos frontières. Imaginez même que le sirop Monin est présent du plus grand bar, restaurant du monde au plus petit ToukTouk qui sillonne les rues de la Thaïlande…


Nous le savons, la concurrence entre les territoires est rude, il faut attirer les visiteurs, aujourd’hui les télé-travailleurs et les maintenir sur notre territoire.


Notre déficit en terme d’image, de réputation est en train de se résorber. Et nous avons fait de l’ATTRACTIVITÉ en général, qu’elle soit touristique, cuturelle, économique, médicale, le maître mot de notre projet de mandat pour les 6 ans à venir en capitalisant sur les actions menées depuis 2015.


Très rapidement, le Cher deviendra une place incontournable !


Le département semble posséder un tissu économique solide et varié. En dépit de la loi Notre, travaillez vous avec ces acteurs essentiels ?

Bien entendu. Nous accompagnons là encore en terme de promotion et de mise en avant de nos « pépites » économiques, toutes les réussites de notre territoire. Alors certes, nous ne pouvons plus aider ni intervenir directement – ce qui est fort regrettable notamment en cas de sinistre – mais nous veillons à une représentation maximale de nos entreprises départementales dans le cadre des marchés publics que nous instituons.


Nous l’avons dit, l’aéronautique, la défense, l’armement, l’agro-alimentaire, la mécanique industrielle ou de précision, tous ces secteurs de pointe sont aujourd’hui bien installés dans notre département. Il est important pour nous de les conserver et de les mettre en avant à chaque occasion.


Depuis peu, notre territoire est aussi réputé par le développement de la crypto-monnaie avec la présence d’un des leaders mondiaux dans ce domaine, l’entreprise Ledger, installée à Vierzon, entreprise qui ne cesse de s’agrandir.

C’est pourquoi, chaque année, nous réunissons un Forum de l’Emploi consacré à ces métiers pour que nos jeunes les connaissent, s’y intéressent, prennent la relève et restent ainsi dans le Cher.


L’enseignement supérieur est un élément d’attractivité important. Possédez-vous des atouts en la matière ?

Le département se tourne vers la jeunesse et accueille aujourd’hui plus de 5000 étudiants en proposant un large choix de formations qualifiantes. Bourges se classe troisième Pôle universitaire de la région. On y retrouve des écoles réputées comme l’Institut national des sciences appliquées (INSA) ou encore l’Ecole nationale supérieure d’art (ENSA). Nous nous battons pour obtenir une première année de faculté de médecine. La joaillerie de pointe est aussi présente à Saint-Amand-Montrond . Nous sommes fiers aussi de compter sur une toute nouvelle école d’Architecte de Logiciels AlgoSup à Vierzon, unique en son genre avec une toute nouvelle pédagogie- qui est en plein essor et promis à un bel avenir dans des locaux futuristes au cœur même de la ville de Vierzon ! Une belle réussite que le département soutient et accompagne dans la limite de ses compétences.


Printemps de Bourges

A Bourges, l’ambition est de participer à la «construction » d’un campus unique avec toutes les formations supérieures en ingénierie, en communication, en droit aussi… qui va permettre à Bourges, au Cher, de compter parmi les destinations des étudiants.


D’autres projets sont en cours comme la première école destinée à la formation en Pyrotechnie, véritable héritage de l’économie berruyère et qui peut inscrire les prochaines pages du futur paysage étudiant de Bourges et du département.


Comment comptez-vous mieux ou plus promouvoir votre département ?

Nous l’avons dit plus haut, nous pouvons évidemment faire mieux et plus encore, tout est toujours possible. Je vous l’ai dit, l’attractivité sera notre leitmotiv pour les 6 ans à venir. Plein d’idées sont en cours, écumer les salons car il faut être là où tout se passe, affichage dans les grandes métropoles, film, sans doute une seconde édition de notre guide «S’installer dans le Cher » .


L’attractivité touche toutes nos politiques publiques et toutes nos compétences. Le Cher possède des atouts, nous sommes une «ruralité modernisée», 100% du territoire sera fibré pour 2025, calme, verdure, «slow tourisme», authenticité, gastronomie, plusieurs centaines de kilomètres de pistes cyclables avec une connexion à la Loire à Vélo, le Canal de Berry à vélo, la liaison Bourges-Argent-sur-Sauldre et un jour Bourges-Sancerre…


Nous allons définir une vraie stratégie d’attractivité, de marketing territorial, de promotion. Tous les services départementaux sont à l’œuvre.


Les attentes des habitants des grandes villes sont nombreuses, nous devons tout mettre en œuvre pour les accueillir, les attirer et les fidéliser et croyez-moi, nous avons une carte à jouer et nous allons la jouer jusqu'au bout.


Avez-vous une stratégie pour attirer ces familles de nouveaux télétravailleurs qui délaissent les grands centres urbains ?

Cette stratégie se construit petit à petit. Nous serons présents partout où nous pourrons l’être, présents physiquement en vendant et vantant les atouts du territoire. Il faut le dire et le redire, le Cher sera une terre d’accueil. Nous réfléchissons aussi à l’accueil du conjoint en dédiant un service pour faciliter l’implantation des familles sur tous les plans. Cela n’est pas nouveau, beaucoup de territoires le font. Mais nous allons entrer dans la bataille du marketing territorial avec nos armes.


Depuis 2015, ce sont plus de 300 000 euros qui ont été consacrés à ces opérations : 5 campagnes d’affichage dans le métro parisien et sur les quais de gare, 2 films promotionnels qui ont tourné pendant 6 mois sur les longs et moyens courriers d’Air France, des publications dans des quotidiens et hebdomadaires nationaux...


Ces efforts vont se poursuivre et s’intensifier...


Vous avez organisé le Congrès de l’ADF en 2019. Comment cela s’est-il déroulé ?

Ce Congrès a été une chance que nous avons saisie en insistant, parfois lourdement auprès du président Bussereau que je remercie ici pour son action à la tête de l’ADF. Ce congrès au cours duquel nous avons accueilli à Bourges plus de 600 congressistes a été une réussite et a contribué à faire connaître et reconnaître le Cher ! Ce congrès a été un véritable vecteur de communication.


Plus d’un an de travail intensif avec des équipes formidables qui ont permis que ces deux jours se déroulent sans anicroche. Les débats furent à la hauteur des enjeux et une Ministre doit encore s’en souvenir !


Je ne peux que conseiller à tous le territoires de se porter candidat pour les prochaines Assises des Départements de France !

Territoire du Cher