Grand entretien avec Philippe Gouet

Biographie de Philippe Gouet

Philippe Gouet PRÉSIDENT DU CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LOIR-ET-CHER

Le caractère s’affermit souvent dans les difficultés.


Et des difficultés, Philippe Gouet en a connu quelques-unes en arrivant à la tête du Département en 2021, traversant depuis son élection, un vrai baptême du feu.


Rien ne le prédestinait à devenir Président. Simple remplaçant, il se retrouve à siéger au Conseil départemental en 2019, à la suite de la démission du titulaire, Pascal Brindeau, touché par la loi anti-cumul.


En janvier 2021, Nicolas Perruchot, Président du Département, décide de ne pas se représenter. Conseiller départemental du canton de Vendôme, Philippe Gouet prépare, avec le groupe majoritaire et le Président du Conseil départemental, la prochaine mandature 2021-2028.


En juin 2021, Philippe Gouet est réélu sur son canton. La majorité sort bousculée et plus étroite de ce scrutin, mais Philippe Gouet, qui avait préparé avec son prédécesseur la présidence du Département, apparaît naturellement comme l’homme du rassemblement.


C’est une surprise pour beaucoup. L’élu, à qui on ne connaît pas d’ennemis, s’impose en manifestant une réelle ambition pour le département. Homme de négociations, il n’hésite pas, pour constituer sa majorité, à trouver au sein de l’Assemblée Départementale, les deux voix qui lui manquent en s’appuyant sur un nouveau binôme de sensibilité centre gauche.


La majorité renouvelée affronte plusieurs mois compliqués. À la demande d’audit externe sur la précédente mandature par son opposition, Philippe Gouet répond avec méthode, point par point, en effectuant une étude interne avec Xavier Patier, son directeur général des services, et une saisine de la Chambre Régionale des Comptes.


Cette gouvernance révèle un caractère, de fortes convictions, un souci d’économie, mais aussi une volonté d’asseoir son autorité. Et on le sent ! À la suite de ces premières décisions, il a trouvé sa place dans ce fauteuil de Président. Il a su s’imposer et exprimer une certaine vision pour le département.


Arrive alors la campagne électorale présidentielle et un des poids lourds de sa majorité, co-président du groupe majoritaire, Guillaume Peltier, décide de soutenir Éric Zemmour. Comme il en avait fixé les limites, Philippe Gouet lui demande de quitter le groupe majoritaire, ce qu’il effectue immédiatement. « Guillaume Peltier siège dans l’Assemblée Départementale parmi les non-inscrits, il est aujourd’hui député et je ne connais pas ses projets pour la suite».


Difficile d’imaginer une année politique aussi difficile. Au point que certains élus pensent qu’il va abandonner, laisser tomber. Mais il tient bon et s’en trouve conforté et même renforcé : « ils ont compris que je ne comptais pas démissionner et que j’irais au bout de mon mandat ». Au fond, il découvre un monde nouveau, difficile, hostile et souvent malveillant, avec des calculs politiques alambiqués, des ambitions à peine dissimulées. Un monde qui ressemble étrangement à celui du syndicalisme professionnel où il a eu des responsabilités importantes au niveau régional et national.


Quand nous rencontrons Philippe Gouet, il semble avoir surmonté ces moments pénibles et paraît renforcé, serein. Il montre une certaine assurance, convaincu qu’une majorité, qui paraît étroite en nombre, est en fait beaucoup plus forte car très soudée et solidaire, et de citer des départements voisins avec des majorités pléthoriques qui se fracturent


Alors, désormais installé, il travaille avec application, sagesse et responsabilité. D’ailleurs, il a décidé d’abandonner son activité professionnelle pour se consacrer totalement à sa fonction. Indispensable pour assumer sérieusement ces responsabilités.


Il a sous les yeux les notes manuscrites préparées en vue de l’entretien et nous parle de son expérience et de sa vision pour le Loir-et-Cher. Il nous les détaille dans l’interview qu’il nous a accordée et que l’on retrouve dans les pages suivantes.


Il défend l’institution départementale, plus par conviction que par intérêt. Il s’emporte contre ces politiques qui favorisent à l’excès les grandes agglomérations et les métropoles, et défend avec force le maintien de l’échelon départemental, car pour lui, les conseillers départementaux sont des élus connus et présents sur le terrain. Et il l’assure, lors de la crise sanitaire et des confinements, chacun a pris conscience de ce rôle essentiel que ce soit pour distribuer les masques, les protections aux commerçants et artisans ou pour le soutien aux associations comme aux clubs sportifs.


Dans son domaine de prédilection, la santé, il appelle de ses vœux une gestion entièrement confiée aux départements. Et plus globalement, il se veut l’apôtre de la souplesse, notamment dans le domaine économique où il demande que le département puisse intervenir pour les entreprises de proximité, les artisans…


L’entretien se termine. Pas une seule fois dérangé. Notre interlocuteur se consacre totalement à ceux qu’il rencontre, signe qu’il ne se laisse pas distraire de ses objectifs. Un trait de caractère, un trait de Président !


"L’attractivité du Loir-et-Cher constitue également un enjeu de tout premier ordre"

Philippe Gouet lors de l'interview du Journal des Départements

Philippe Gouet, quel est votre parcours ?

Né en région parisienne, j’ai découvert Vendôme à l’âge de 11 ans et j’y suis revenu au terme de mes études de kinésithérapeute-ostéopathe. C’est une ville séduisante où j’ai exercé durant de nombreuses années et que j’aime profondément.

Comment passe-t-on de « la kiné » à la politique ?

Rapidement engagé dans la défense et la promotion de ma profession au niveau départemental, au niveau régional et au niveau national, je me suis retrouvé vice-président du Syndicat National des masseurs-kinésithérapeutes rééducateurs (SNMKR), syndicat le plus représentatif, en charge des négociations conventionnelles avec les directeurs d’assurance maladie et le ministère de la Santé.

Ces missions passionnantes et formatrices s’apparentaient déjà à un engagement politique.


Attiré par la politique ?

Je dirais plutôt intéressé par la politique : inscrit un temps au RPR devenu UMP puis LR, je viens d’adhérer à l’UDI par amitié et fidélité pour le Député Pascal Brindeau qui, je l’espère, prendra des responsabilités importantes dans ce parti.


Comment vous êtes-vous retrouvé élu au Département ?

Suppléant de Pascal Brindeau, alors conseiller départemental, je l’ai remplacé lorsqu’il a succédé à

Maurice Leroy à l’Assemblée nationale en février 2019. J’ai découvert avec enthousiasme les missions du Département où, en phase avec le président Nicolas Perruchot, j’ai travaillé pendant deux ans sur des dossiers comme l’Agenda 2030 ou encore la santé.


Quelles sont les missions du Département auxquelles vous êtes le plus sensibilisé ?

En priorité, tout ce qui touche aux solidarités. Par exemple, concernant le Revenu de Solidarité Active, nous avons travaillé sur la mise en place d’un cumul emploi/RSA pour les métiers en tension comme ceux du bâtiment, de la viticulture, du tourisme, de la restauration. Job41, la plateforme de mise en relation entre les entreprises qui recrutent et les Loir-et-Chériens, a remis 2 000 personnes en emploi depuis sa création en 2017.


La santé est aussi au cœur de mes préoccupations. Dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai constaté l’inquiétude des habitants quant à l’accès aux soins. Nous travaillons à la recherche de solutions via le plan « Le 41 en bonne santé ».


L’attractivité du Loir-et-Cher constitue également un enjeu de tout premier ordre : il est nécessaire d’y attirer de nouvelles forces vives. Neuf mille offres d’emploi ne trouvent pas preneur sur notre territoire, et des entreprises ne peuvent se développer, faute de cadres et de techniciens supérieurs.


À propos d’attractivité, quelles sont les spécificités, les attraits du Loir-et-Cher ?

Ce département dispose d’énormes atouts : tout d’abord, il est facile d’accès. Proche de Paris par voie ferrée – 42 min depuis Vendôme en TGV –, il est également proche d’autres agglomérations comme Tours, Orléans ou Le Mans et présente un maillage autoroutier important avec les autoroutes A10, A71 et A85.

À ce sujet, je suis très favorable à la construction d’une seconde sortie d’autoroute à Blois pour attirer de nouvelles entreprises et dynamiser le monde entrepreneurial. Un projet très écoresponsable et novateur a été proposé par les services du Département ; j’espère qu’il convaincra le président d’Agglopolys (NDLR : la communauté d’agglomération de Blois).


Autre atout de ce département : sa qualité de vie. Nous disposons de nombreuses richesses patrimoniales, gastronomiques – avec 7 restaurants étoilés –, touristiques, économiques et agricoles pour la deuxième année consécutive, nous avons obtenu le titre de meilleur sauvignon du monde (Domaine Mandard à Mareuil-sur-Cher) . Le département offre de magnifiques paysages, préservés de l’éolien, une vie culturelle variée et animée. À ce sujet, nous créons un festival inédit sur un week-end en septembre : « Les Musicales de Loir-et-Cher ». En ce qui concerne l’attractivité de notre territoire, les agents immobiliers nous parlent de la tendance haussière et de leur difficulté à trouver de nouveaux biens. Le prix au mètre carré demeure toutefois intéressant pour un Parisien qui peut facilement télétravailler ici, avec une ou deux journées en présentiel dans la capitale.


À ce propos, où en êtes-vous sur le très haut débit ?

Fin 2023, tout le département sera fibré. Nous accompagnons également le déploiement de bornes Wifi dans les lieux touristiques (châteaux, offices de tourisme, camping…), dans les communes, même les plus isolées, ou encore dans les Ehpad.


Au-delà de la fibre et des infrastructures, nous veillons aussi à l’appropriation et au développement des usages. Nous allons créer une Cité du numérique qui permettra de sensibiliser notamment les collégiens et les séniors, d’accompagner les citoyens (en matière d’illectronisme par exemple), de se former avec une école de codage, de favoriser les rencontres, d’accéder à des ressources ou encore d’organiser des évènements. Elle accueillera également une entreprise spécialisée dans ce domaine ainsi qu’un studio d’enregistrement vidéo. Nous allons par ailleurs équiper les collégiens de manuels numériques.


S’agissant du site web du Conseil départemental, nous allons le refonder en totalité pour en faire un portail « serviciel » tourné vers les citoyens.


Vos atouts sont, en effet, nombreux mais comment développer cette attractivité ?

Nous disposons d’une agence d’attractivité dynamique dénommée Be LC. Elle a développé des dispositifs d’accompagnement tels que Jobpack et JobConjoint pour faciliter la mobilité, la recherche d’un logement, l’inscription scolaire mais aussi sportive des enfants. Il s’agit de proposer une offre complète, qui non seulement attire, mais accompagne aussi les nouveaux Loir-et-Chériens.


Je lui ai demandé en priorité d’inciter des professionnels de santé à venir s’installer dans le département grâce à un « chargé de mission santé » qui promeut le territoire, visite les facultés et les instituts de formation pour les métiers paramédicaux, et participe à tous les salons des étudiants et professionnels de santé.


À ce propos, pouvez-vous nous en dire plus sur votre tout récent Plan santé ?

Il faut, tout d’abord, bien appréhender la situation de notre département qui se situe au 75 rang des départements en ce qui concerne la densité de médecins généralistes et au 79 rang en ce qui concerne l’âge des professionnels de santé installés. Il y a donc urgence.


C’est pour cela que nous avons défini un plan d’actions, approuvé par tous les élus départementaux, et dont les crédits seront affectés à la session de juin. Il se décline en neuf actions destinées à lutter contre la désertification médicale. Parmi elles : la mission promotion santé que nous avons déjà évoquée, l’accompagnement financier pour les internes de médecine générale et les étudiants du milieu paramédical (à condition d’exercer au minimum trois ans en Loir-et-Cher), l’aide pour la première installation avec le financement du matériel, la création ou l’extension de maisons de santé pluridisciplinaires.


Nous voulons soutenir le développement de la Plateforme alternative d’innovation en santé (Païs) présentée dans un de vos récents numéros, ainsi que la télémédecine accompagnée.


Nous avons également élaboré tout un volet sur la

prévention, la préservation d’une jeunesse en pleine santé avec des ateliers de dépistage, de conseils et nutrition. À ce titre, et par souci de cohérence, je suis tout à fait favorable à ce que la médecine scolaire, ainsi que les moyens financiers dédiés, soit confiée aux Départements.


Quels sont les autres grands projets qui vous tiennent à cœur ?

Le Département a décliné depuis deux ans l’Agenda 2030, visant à proposer une politique en faveur du développement durable. Une politique de transition énergétique est nécessaire, intégrant le développement des mobilités douces (déplacements à pied, à vélo pour le travail et pour le tourisme), des produits de proximité pour la restauration en collèges et en Ehpad (objectif 70 %), la méthanisation, le photovoltaïque sur le toit des collèges et des véhicules électriques pour le Département. Nous travaillons aussi sur l’implantation de bornes de chargement, la politique de l’hydrogène. J’aimerais qu’à la fin de mon mandat, le taux de carbone pour l’activité du Département soit inférieur à ce qu’il était au début de mon mandat.


Foire aux bestiaux en Sologne
Foire aux bestiaux en Sologne ©N-Derré

Autre sujet important : l’eau. Avec la Chambre d’agriculture et le Préfet, nous travaillons sur les captages avec diminution des produits phytosanitaires et sur les retenues collinaires.

Pour tous ces projets, je martèle un même mode opératoire : penser global, agir local en m’appuyant sur les acteurs de l’hyperproximité que sont, entre autres, les conseillers départementaux, les présidents de communautés de communes et, bien sûr, les maires.


pont Loir et Cher

LE DÉPARTEMENT EN ACTION POUR UN LOIR-ET-CHER ATTRACTIF, DURABLE, INNOVANT ET SOLIDAIRE


À CHEVAL, À VÉLO, À PIED… SUR LA LOIRE ?

Le Département a annoncé dès 2019 la création d’une passerelle sur la Loire au niveau des piles de l’ancien barrage du lac de Loire. Ce projet s’inscrit dans la volonté d’attractivité touristique du Val de Loire mais également de mobilité douce initiée par la collectivité pour inciter les déplacements à pied,à vélo ou même à cheval ! Le cabinet parisien Marc Mimram — gagnant du concours d’architectes lancé en février 2020 — réalisera cette passerelle ainsi que l’ouvrage de franchissement de la RD 951, dans le prolongement du viaduc des Noëls. Budget estimé : 12 millions d’euros, cofinancés entre le Département, Agglopolys, l’État et la Région. Plusieurs contraintes techniques et environnementales doivent être respectées : insertion dans le paysage ligérien, qualité architecturale, développement durable, points de vue sur la Loire et protection des sternes présentes sur l’île centrale. Rendez-vous en 2024 !


BE LC AGENCE D’ATTRACTIVITÉ

#fiersduloiretcher !

BE LC AGENCE D’ATTRACTIVITÉ

Depuis 2 ans, sous l’impulsion du Département,

Be LC œuvre à la valorisation de l’attractivité résidentielle de son territoire. Le Loir-et-Cher dispose d’atouts incontestables qu’il importe de faire connaître, afin de faire émerger les talents d’aujourd’hui et d’accueillir ceux qui feront le Loir & Cher de demain. Les actions menées par Be LC visent ainsi à :

• fédérer et créer un esprit d’appartenance au territoire,

• fluidifier, mettre en réseau, renforcer l’écosystème local,

• attirer les talents et les professionnels de santé.


Comment ? Au travers :

• d’outils de marketing territorial mis à disposition des recruteurs et prescripteurs (arguments, visuels, kit employeur, brochures personnalisables…),

• de dispositifs d’accompagnement pour les candidats à la mobilité (Jobpack, Job Conjoint…),

• d’actions visant à fédérer les acteurs du territoire (rencontres, ateliers, conférences…).


Loiretcher-attractivite.com

agence@attractivite41.fr


2022-College-Louis-Pergaud-facade
Collège Louis-Pergaud à Neung-sur-Beuvron.

VERS LE COLLÈGE DU FUTUR

La gestion des 26 collèges publics de Loir-et-Cher fait partie des trois compétences majeures du conseil départemental. Il en assure l’entretien, la rénovation et a en charge le personnel dédié, soit 261 agents au total. Pour que les élèves étudient dans les meilleures conditions, le Département accélère le programme de restructuration des bâtiments les plus anciens : une réhabilitation par an est ainsi programmée. En 2022, celle de Louis-Pergaud, à Neung-sur-Beuvron, démarre tout juste (cf. photo ci-dessus) alors que se poursuit celle du collège de Saint-Laurent-Nouan et que vient d’être inaugurée la rénovation du collège Hubert Fillay à Bracieux. Les travaux sont placés sous la bannière « Le collège du futur », avec des matériaux biosourcés, etc. Et pour être en accord avec l’Agenda 2030 — qui prévoit 135 actions concrètes de développement durable — le Département installera des panneaux photovoltaïques dans 8 collèges considérés « pertinents ». D’ici à la fin 2027, 19 000 m de toitures sur 24 sites seront ainsi équipés. Une façon de gagner en autonomie énergétique.


médecin du Loir et Cher
©C. Ananiguian

LA SANTÉ, UNE PRIORITÉ

Sous l’impulsion du Président Gouet, lui-même professionnel de santé, le Département vient d’élaborer un grand plan « Le 41 en bonne santé », fruit d’un travail de concertation entre les élus départementaux en charge de la santé, les professionnels du secteur et les représentants des ordres médicaux et paramédicaux. Ses objectifs ? Attirer de nouveaux professionnels de santé et lutter contre la désertification médicale. Le Loir-et-Cher souffre, comme d’autres départements, d’une faible démographie médicale et avec 56 % des médecins généralistes qui ont plus de 55 ans, la situation reste très préoccupante.

Articulé autour de neuf mesures phares, « Le 41 en bonne santé » formalise l’engagement départemental de conforter sans délai l’offre de soins et les conditions d’exercice des professionnels de santé — en s’appuyant sur l'agence d'attractivité BeLC —, afin de garantir à chaque Loir-et-Chérien une offre de santé suffisante et de qualité. Avec ce plan, le Département investit 10 millions d’euros qui s’ajoutent aux 15 millions déjà prévus pour la santé sur la mandature 2022-2028.


AIDER LES COMMUNES RURALES

Au-delà de ses villes, le Loir-et-Cher est une terre rurale qui abrite 85 communes de moins de 1 000 habitants (sur les 267 au total). Le Département a fait le choix de soutenir les projets d’investissement des territoires ruraux. Objectif : les doter d’équipements nécessaires pour assurer leur vitalité tout en soutenant l’activité économique. Deux dispositifs à destination des communes et intercommunalités ont ainsi été mis en place : la dotation de solidarité rurale (DSR) dès 2010, complétée en 2017 par la dotation départementale d’aménagement durable (DDAD). Domaines concernés : aménagement du territoire, amélioration du cadre de vie, mobilités douces, protection de la biodiversité, préservation de l’eau, etc. Cette solidarité territoriale contribue au bien-vivre en Loir-et-Cher et favorise l’attractivité du territoire. En 2021 et 2022, 626 projets communaux sont devenus réalité grâce à ces aides.


Chateau de Chambord
Chambord ©A. Charron

UN PATRIMOINE D’EXCEPTION


Évoquer le Loir-et-Cher, c’est évoquer le Val de Loire et son patrimoine connu bien en dehors des frontières de l’Hexagone. Les châteaux prestigieux des rois de France n’attirent-ils pas des touristes venus de Chine, d’Amérique du Sud ou de Suède ? Au fil des années, ces lieux d’exception ont su se renouveler en proposant des visites conçues comme des expériences.


Le château de Chambord, au-delà de son architecture incroyable, est doté d’atouts imparables. On peut désormais séjourner au Relais de Chambord, restaurant et hôtel chic rénové par l’architecte star Jean-Michel Wilmotte. Sur place, on admire ses jardins à la française, on s’immerge en forêt, on se promène à vélo ou en bateau électrique et l’on se procure un panier de légumes et des vins bio siglés Chambord, voire des cosmétiques naturels...

château de Cheverny

À quelques kilomètres de là, le château de Cheverny offre un autre aperçu de la richesse patrimoniale du Loir-et-Cher. Ce bâtiment qui a inspiré Hergé pour Moulinsart réserve de belles surprises. Le château se visite au gré de ses nombreuses pièces chargées d’histoire ; ses six jardins thématiques étonnent, et l’on peut aussi s’y promener en bateau électrique ou y apprécier un thé gourmand à L’Orangerie. Les visiteurs ne rateraient pour rien au monde la découverte du chenil et sa centaine de chiens de chasse ou l’exposition Les Secrets de Moulinsart, qui propose une immersion dans l’univers de Tintin. Tout près, le château royal de Blois, où a été assassiné le duc de Guise, est célèbre pour son architecture et notamment son escalier. Aux beaux jours, un son et lumière est proposé à la nuit tombée. Situé sur les hauteurs de la ville, le château offre une vue superbe sur la Loire. Face à lui, la Maison de la magie séduira petits et grands.


l’hôtel Le Bois des chambres

De l’autre côté de la Loire, le château de Chaumont-sur-Loire séduit un public varié. Depuis trente ans, il accueille le Festival international des jardins. Thème 2022 «Jardin idéal». Le Domaine abrite également un centre d’arts et de nature qui attire des artistes de renommée mondiale.

Nouveauté: « ’hôtel Le Bois des chambres» et son restaurant « Le Grand Chaume » ouvre fin mai in situ.


Le département possède d’autres trésors architecturaux : le château de Beauregard, à Cellettes, le château de Villesavin, à Tour-en-Sologne, le Manoir de la Possonnière à Vallée-de-Ronsard, demeure natale du poète Ronsard, ou la commanderie d’Arville, site templier situé à Couëtron-au-Perche.


En Loir-et-Cher, les surprises sont multiples !



UNE TERRE GOURMANDE


Le Loir-et-Cher est aussi une destination gourmande hors pair. Ici, on prend le temps d’apprécier les produits de qualité « made in Loir-et-Cher ». À l’heure où les consommateurs veulent savoir ce qu’ils ont dans leur assiette, présentation de produits typiques et de tables réputées.


vins du département de Loir et Cher

Côté vins, le département compte neuf appellations d’origine protégée : Coteaux du Vendômois – avec le pineau d’Aunis si typique –, Touraine-Mesland, Cheverny, Cour-Cheverny, Touraine, Touraine-Oisly, Touraine Chenonceaux, Crémant de Loire et Valençay.


Savez-vous que l’autre cépage typique du Loir-et-Cher, le Romorantin – qui entre dans la composition du Cour-Cheverny – est unique au monde ? Ce vin blanc très apprécié a été importé de Bourgogne par François I.


Les fromages de chèvre font aussi la réputation du département : Selles-sur-Cher, Valencay, Trèfle, Sainte-Maure-de-Touraine... En vallée du Loir, la Laiterie de Montoire propose aussi des fromages de lait de vache dont Le Petit Trôo est l’emblème !


Le Loir-et-Cher fournit aux meilleures tables de France deux produits de luxe de grande qualité : le caviar, réalisé par la famille Hennequart à Saint-Viâtre en Sologne, le safran, produit notamment à La Chapelle-Vicomtesse, dans le Perche.Le département compte également des chocolatiers de renom tels Stéphane Buret du côté de Blois ou Max Vauché à Bracieux et Contres (Le Controis-en-Sologne).


Enfin, la tarte Tatin, créée à Lamotte-Beuvron, a fait depuis, le tour du monde et la Distillerie Girardot, installée à Chissay-en-Touraine, réalise des liqueurs et eaux-de-vie artisanales très réputées.


Produits du terroirs du département du Loir et Cher

LES ÉTOILES DU DÉPARTEMENT

Le Guide Michelin a dévoilé son palmarès 2022 avec sept restaurants étoilés. Le Favori décroche sa première étoile grâce à son chef Frédéric Calmels. Le restaurant des Hauts de Loire perd une de ses deux étoiles, mais les autres bonnes tables du département maintiennent leur rang : La Maison d’à côté à Montlivault conserve ses deux étoiles (mais ferme en mai pour la nouvelle aventure Fleur de Loire du chef Christophe Hay à Blois, ouverture fin juin).Côté une étoile : Assa à Blois, Le Grand hôtel du Lion d’or à Romorantin-Lanthenay, La Vieille Tour à Cellettes et Perticaà Vendôme restent au zénith de la gastronomie loir-et-chérienne.


1 - Le restaurant a fermé ses portes fin mars, son chef Guillaume Foucault rejoint Le Grand Chaume du Domaine de Chaumont-sur-Loire (ouverture fin mai-début juin).



Tourisme Loir et Cher


UN TERRITOIRE TRÈS NATURE


Où que l’on soit dans le département, au-delà du patrimoine remarquable qu’il abrite, c’est la nature que l’on remarque. Discrète par endroits, sauvage ou domestiquée à d’autres, elle se fait omniprésente. Et si l’on partait à sa découverte ?


Nombreux sont les visiteurs, venus de l’étranger ou de France, à apprécier la parenthèse nature proposée par la Loire à vélo. Le fleuve sauvage se trouve ici en majesté et pédaler à ses côtés se révèle un moment inoubliable. On y découvre des villages typiques – comme Saint-Dyé-sur-Loire, l’ancien port de Chambord, ou Saint-Denis-sur Loire et son château – où l’on s’arrête pour une pause pique-nique ou pour s’adonner à la rêverie. On peut aussi faire des étapes « patrimoine » et visiter en chemin certains sites remarquables du départementvia la boucle des Châteaux à vélo (soit 500 km d’itinéraires balisés !)


La Loire
La Loire ©L. Alvarez

Et si on naviguait sur la Loire ? Il s’agit là d’une expérience grandiose. Les mariniers connaissent le fleuve comme personne, ils vous le raconteront au fil des saisons ou de leurs rencontres animales et végétales. En plein jour ou à la tombée de la nuit, on admire le spectacle de la nature qui évolue à chaque instant. Magique !

Au nord, la nature diffère. Dans le Perche, les routes serpentent à travers les paysages vallonnés. Du côté de la vallée du Loir, les habitations troglodytiques sont légion comme à Trôo ou Lavardin. Ces villages d’artistes font le bonheur de leurs visiteurs !


Plus au sud, la Sologne offre des forêts à perte de vue, une nature sauvage et des villages singuliers avec des maisons en briques ou à colombages. Les habitants et les visiteurs de passage apprécient ses nombreux étangs – 3 000 sont recensés ! – où la nature est reine. On vient y pêcher, s’y ressourcer, faire du vélo, observer la faune et la flore, y randonner et parfois s’y perdre… La Maison des étangs à Saint-Viâtre, La Maison du braconnage à Chaon ou La Maison du cerf à Villeny résument à merveille cette nature. Pour une touche plus urbaine, Romorantin-Lanthenay et son Musée Matra ou sa Fabrique Normant raviront également le public.

Zoo parc de Beauval
©ZooParc de Beauval

En vallée du Cher, Saint-Aignan est devenu une destination à part. Le ZooParc de Beauval, classé parmi les plus beaux zoos du monde, se révèle grandiose. Sur plus de 40 ha se trouvent 35 000 animaux venus de tous les continents ! Sur place, on fait le tour du monde en admirant des koalas, diables de Tasmanie et autres pandas stars ! Une expérience inoubliable.