Introspection du mois !

Jean-Pierre BOISOTEAU Consultant en management des Ressources Humaines


Après deux années de pandémie, de nombreuses questions se posent — ou se réactualisent — à propos de notre vie et du travail !


Pour illustrer ce phénomène, deux évènements nous interpellent : les sorties du livre écrit par Gaël Chatelain-Berry « le manager bienveillant 2.0 » et du film de Stéphane Brizé « un autre monde ».

L’un traite, conseille, rappelle ce que devrait faire un bon manager — à savoir être humain ! L’autre s’indigne du sort des managers — prisonniers de leur statut et de la pression subie !


Imaginons, que nous ayons entre 18 et 25 ans, que nous lisons ce livre et voyons ce film.

Immédiatement, deux questions se posent :

  • un manager n’est-il pas nécessairement bienveillant avec ses équipes ?

  • les managers sont-ils de simples exécutants prêts à renier leurs valeurs et contraints d’obéir ?


Ne soyons pas surpris après cela que les recrutements soient difficiles pour certaines structures. Les jeunes générations rêvent d’une vie professionnelle différente de leurs ainés, d’une vie plus apaisée, moins hiérarchique, où l’autorité s’exprime uniquement par le charisme de compétences et d’attitudes.


Nous voilà au cœur de la bienveillance !

Seuls les managers seraient concernés ? Nous savons bien que non. La bienveillance est l’affaire de tous : dirigeants, chefs de service ou de projet, collègues, partenaires internes ?

Au quotidien nous devons vivre ensemble et cela peut se passer plus ou moins bien. Qui n’a pas connu de près ou de loin un collègue manipulateur usant de sa position pour servir ses propres objectifs ? Comme le dit Sartre dans sa pièce huis clos : « l’enfer c’est les autres ».


Le sujet fait toujours débat dans notre monde actuel :

  • Florian de Peyrebrune ; Chef de rubrique du magazine Cadre et Dirigeant ; énonce — en septembre 2020 — quelques types de collaborateurs parmi les plus toxiques : le voleur d’idées, l‘opportuniste, l‘égocentrique, l’oiseau de mauvais augure, le dénigreur, l‘irrespectueux, le narcissique, le vantard, le venimeux…,

  • sans oublier les « jugements insultants » tenus sur les réseaux sociaux.


Heureusement, la très large majorité des acteurs de nos organisations œuvrent en équipe chaque jour vers une volonté de réussite, d’accomplissement, de satisfaction du travail bien fait.

Combien de fois entendons-nous que la raison première d’exercer en Collectivité réside dans le fait de vouloir être utile aux usagers, à la population, donc d’être tourné vers autrui.


Pourtant, être bienveillant, est-ce si difficile ? Il semblerait !

Cela suppose de l’intérêt pour l’autre, à savoir de l’écoute, de la disponibilité et aussi de l’entraide.

Sujet délicat avec la pression des missions et/ou des sous-effectifs !


Pouvons-nous affirmer être à 100 % bienveillants avec tout notre entourage professionnel ?

Sommes-nous vigilants à notre degré de bienveillance ; nos collègues nous respectent-ils ?


Si nous devons veiller à être attentifs aux autres, il est essentiel de se faire respecter, de s’affirmer, et ceci dès le premier « dérapage ». Cela implique d’oser dire, de mettre la distance indispensable pour la qualité de son bien-être, quel que soit le statut de son interlocuteur.

La bienveillance doit aussi être constatée et dans le cas contraire sanctionnée. Observer la malveillance et la laisser exister est déjà un acte de malveillance par complicité induite. Encore une fois, c’est l’affaire de tous !


En conclusion, aurions-nous perdu le sens de l’autre ?

Portons espoir que films, livres ou autres formes exprimant la bienveillance fassent partie rapidement d’un passé, car pour nous elle doit se vivre sans être citée, comme nous respirons sans y réfléchir !