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La santé et les stratégies d’attractivité territoriales


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Les stratégies d’attractivité des territoires se fondent en grande partie sur la mise en avant de leurs atouts économiques, géographiques (par exemple centralité), infrastructurels, sociaux (qualité de la main d’œuvre, …), culturels mais elles ont globalement peu investi la dimension du bien-être et encore moins celle de la santé. Si ces derniers mois, on note un frémissement de la communication des territoires autour de la mise en avant d’aspects liés au bien-être, ces actions semblent plus liées au contexte sanitaire que pensées en termes de stratégies construites. Pourtant, il est incontestable que nos territoires disposent d’atouts en la matière et auraient tout intérêt à investir, dans la durée, cette dimension du positionnement, laquelle pourrait constituer un levier original de l’attractivité territoriale.


La santé est devenue une préoccupation prioritaire pour les français comme en attestent les sondages. Les français veulent vivre dans un environnement sain et disposer d’un accès de qualité aux services de santé. Deux grandes dimensions de la stratégie d’attractivité des territoires autour de la santé peuvent être identifiées.


Une première concerne la capacité à offrir aux habitants un accès aisé aux services de santé en travaillant sur l’attractivité des professionnels de santé (prime d’installation, maison de santé, conciergerie, formation de médecins sapeurs-pompiers, etc.) et/ou à l’émergence de solutions organisationnelles novatrices (télémédecine, bus médicaux, etc.). Cette dimension largement médiatisée à travers la question des déserts médicaux porte sur la stratégie développée à l’encontre des professionnels de santé au travers de nombreuses solutions et expérimentations.


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La deuxième dimension, encore peu abordée, consiste à bâtir la stratégie d’attractivité sur les qualités salutogéniques intrinsèques du territoire, c’est-à-dire de l’environnement de vie. L’organisation mondiale de la santé lors de sa constitution à la fin des années 1940 définit la santé comme un déterminant essentiel du bien-être. De nombreuses recherches ont mis en évidence le lien entre la qualité de vie et le bien-être. Le concept de salutogénèse littéralement l’origine de la santé, développé à la fin du 20ème siècle repose sur le principe, entre autres choses, que notre mode de vie et le lieu où nous vivons ont une influence sur notre santé. La géographie de la santé depuis de nombreuses années documente ce lien et a largement contribué à l’affirmer. Il y a donc pour les territoires (à différentes échelles) un intérêt à construire un discours « territoire de santé » en mettant en avant des caractéristiques du territoire telle que la qualité de l’air, de l’eau, la présence d’espaces naturels préservés, le rapport au temps, l’alimentation, les mobilités douces, etc.


C’est là tout l’enjeu de l’adoption de l’approche dite de la santé dans toutes les politiques (Health In All Policy) que déploient les pays d’Europe du nord. Celle-ci repose sur le principe que la promotion de la santé et du bien-être doit être envisagée de manière intersectorielle et servir de trame pour toutes politiques publiques. Cette approche s’avère particulièrement pertinente au niveau local sur les échelles de proximité. Ainsi, mettre en avant la qualité de l’alimentation (plans alimentaires locaux), de l’habitat, la place donnée aux mobilités douces, les aménagements et espaces naturels permettant à chacun quelque soit son âge et ses capacités physiques de pratiquer une activité physique et de bénéficier des bienfaits d’espaces naturels constituent des pistes pour élaborer une stratégie d’attractivité territoriale intégrative autour de la santé et du bien être dans toutes les politiques et actions des territoires.


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